La XIXe Université d’été du FN s’ouvre sur fond de crise d’autorité
L’autorité de Jean-Marie Le Pen, 76 ans, a une nouvelle fois été ouvertement défiée jeudi, à l’université d’été FN d’Enghien-les-Bains où Marie-France Stirbois a choisi de s’exprimer devant la presse alors que cela lui avait été interdit par la direction du parti.
Mme Stirbois a confirmé devant plusieurs journalistes que, conformément à ce qu’elle avait déjà annoncé en juin, elle participerait vendredi à l’université d’été organisée à Orange (Vaucluse) par des opposants internes de Jean-Marie Le Pen.
Le maire FN d’Orange, Jacques Bompard et le leader des catholiques traditionnalistes Bernard Antony qui animent ces journées concurrentes, critiquent la stratégie électorale et un certain assouplissement doctrinal du FN notamment sur l’avortement, qu’ils attribuent à Marine Le Pen.
C’est un défi très net à l’autorité de Jean-Marie Le Pen qui, en ouvrant l’université d’été d’Enghien jeudi matin avait déclaré que les cadres qui se rendraient à Orange ne l’empêcheraient “pas d’en tirer les conséquences qui s’imposent”. “Quelqu’un qui manifeste sa préférence pour une autre manifestation que celle que je préside ne peut pas s’attirer mon soutien”, avait-il prévenu.
En outre, au sujet du blâme assorti d’une interdiction de parler à la presse qui lui avait été infligé fin juin, après ses critiques répétées pour n’avoir pas été investie en position éligible aux européennes, Mme Stirbois a jugé “curieux” de vouloir empêcher “quelqu’un qui fait de la politique, de parler”.
“Je vais à Orange pour essayer de faire bouger les choses et de les arranger“, a-t-elle ajouté avant de préciser: “Je n’ai jamais lancé d’hostilités, je n’ai fait que répondre à des hostilités“, allusion à plusieurs échanges de piques avec Marine Le Pen qu’elle a clairement mise en cause.
“On nous a lancé que Marine allait nous sauver, nous relancer, etc… mais pour elle le bilan électoral cette année n’est pas transcendant et je ne l’en accable pas, mais l’image de la jeune femme moderne n’a pas marché“, a-t-elle jugé.
“Je dis à Jean-Marie Le Pen ‘laisses-nous parler’, pourquoi n’a-t-on pas le droit de dire ‘je vois bien Carl Lang ou Bruno Gollnisch à la tête du FN’ ? Il n’y a pas de mal. On n’enterre pas Jean-Marie Le Pen“, a estimé Mme Stirbois.
Jeudi, du côté de la direction nationale du FN on se montrait serein. M. Le Pen a qualifié de “petites choses” ce qui se passait à Orange avant de marteler: “Je ne crains rien ni personne“.
Il a affirmé que les responsables de l’université d’été d’Orange accueillaient les “mouvements les plus radicaux d’extrême-droite”, notamment le président du Bloc Identitaire, ex-Unité Radicale, Fabrice Robert.
A Enghien jeudi, les débats ont été ouverts par une intervention intitulée “Les sept piliers de la décadence”, développée par l’économiste Hubert de Beaufort, témoin de la défense de Maurice Papon lors de son procès en 1997-1998, auteur d’un ouvrage intitulé “Affaire Papon: la contre-enquête” et complice de son évasion manquée en octobre 1999.
(AFP, 26-08-2004 18:49)
AMIBe: Réaction immédiate du Bloc Identitaire par le communiqué du jeudi 26 août 2004 :
Dans une conférence de presse tenue ce jour dans le cadre de l’Université d’été du FN, M. Le Pen s’en est pris à l’université d’été de l’Esprit public organisé à Orange par Jacques Bompard et Bernard Antony, regrettant notamment que cette réunion soit ouverte au Bloc Identitaire, un « mouvement radical d’extrême droite ».
Il est bien évident que M. Le Pen croit habile de stigmatiser Jacques Bompard en le dénonçant à l’AFP, Libération et Canal Plus comme un homme qui offre une tribune à de redoutables « extrémistes ». On est bien loin du Le Pen d’autrefois qui ne cédait rien, faisait face et ne collaborait pas avec le Système.
Le Bloc Identitaire qui n’entend pas se mêler des affaires internes du FN regrette une telle attaque, qui fait suite à de nombreuses déclarations du même type de Marine Le Pen. Ce n’est pas en tirant sur le camp des identitaires, des résistants au mondialisme, que M. Le Pen s’attirera les grâces de la presse du Système.



