L’Iran menace l’Europe de reprendre ses activités nucléaires sensibles (Titre AFP)
(AFP, 31/07/2005 10:14) - Un diplomate européen a qualifié dimanche de “pressions difficilement acceptables” les menaces d’un négociateur iranien selon lequel Téhéran reprendra des activités nucléaires ultra-sensibles si l’Europe ne soumet pas des offres de coopération d’ici à 12H30 GMT.
Une telle reprise expose l’Iran au Conseil de sécurité de l’Onu, dont l’ont prémuni jusqu’alors des négociations avec l’Europe.
“Il s’agit de pressions difficilement acceptables qui nous conduisent à exprimer notre surprise et notre préoccupation“, a déclaré ce diplomate européen qui a requis l’anonymat.
“Si les Européens remettent leurs propositions d’ici à 17H00 (locales) nous les examinerons, sinon nous reprenons une partie de nos activités à Ispahan demain en présence des inspecteurs de l’AIEA“, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), avait menacé plus tôt explicitement Ali Agha Mohammadi.
“Notre principe est que nous voulons poursuivre les négociations avec les Européens“, a cependant ajouté M. Agha Mohammadi.
Un autre officiel iranien a évoqué la menace d’une reprise en annonçant que l’Iran allait informer ce dimanche ou lundi l’Agence onusienne luttant contre la prolifération nucléaire de la reprise de certaines activités ultra-sensibles.
“Nous remettrons aujourd’hui ou demain notre lettre à Vienne“, où siège l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a déclaré devant la presse le porte-parole des Affaires étrangères Hamid Reza Assefi.
Des inspecteurs de l’AIEA “sont déjà à Téhéran, il ne s’agit que de les conduire à Ispahan”, à l’usine de conversion d’uranium dont l’Iran compte reprendre les activités suspendues en novembre pour permettre des négociations avec l’Europe, a-t-il dit. Les scellés posés sur les installations “vont être enlevés en présence des inspecteurs et les activités vont reprendre”, a-t-il ajouté.
Les Iraniens avaient accepté en novembre la suspension de toutes leurs activités nucléaires liées à l’enrichissement d’uranium, y compris la conversion, pour permettre des négociations avec l’Union européenne.
Ces tractations visent à produire les garanties que l’Iran ne fabrique pas l’arme atomique sous le couvert d’activités nucléaires civiles.
L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, mandatées par l’UE, offrent en contrepartie une coopération nucléaire, commerciale et politique.
Elles essaient d’obtenir un renoncement définitif de l’Iran à l’enrichissement, garantie la plus probante selon elles de la nature purement civile des activités nucléaires de la République islamique.
Mais les Iraniens refusent d’entendre parler d’un renoncement définitif. Le président Mohammad Khatami a dit mercredi que l’Iran reprendrait la conversion, quelles que soient les contreparties européennes.
Les Européens ont prévenu les Iraniens que le cadre des négociations s’effondrerait alors et qu’ils soutiendraient le recours au Conseil de sécurité contre la République islamique, réclamé depuis des mois par les Etats-Unis.




1 response so far ↓
1 pb // Aug 3, 2005 at 3:06
A quel titre cinq nations s’arrogent le droit d’être les seules à détenir l’arme nucléaire ?
Pour les USA et le Royaume Uni, on peut concevoir (sans approuver !) que ce droit découle de leur victoire en 1945 et d’une relative supériorité morale depuis.
Mais en ce qui concerne la Russie, la Chine et même la France, c’est grotesque et révoltant…
Je ne suis pas islamiste ni tiers mondiste (loin s’en faut…), mais j’approuve les nations qui résistent à ce privilège anachronique, que nous imposent les “cinq grands”, plutôt que de se coucher comme le font l’Allemagne et le Japon, pourtant principaux contributeurs au budget de l’ONU (après les USA).
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