Les bruits selon lesquels la “révolution des tulipes” aurait été financée par la marcomafia couraient depuis longtemps à Bichkek. Ce n’est pas un secret que le siège du gouvernement a été pris d’assaut par des commandos formés d’habitants d’Och, ville du Sud, plaque tournante de l’héroïne afghane. D’après des habitants locaux, avant l’assaut on droguait les attaquants et s’ils refusaient la drogue, on les obligeait à prendre un verre de vodka dans laquelle était dissoute de l’héroïne, écrit le quotidien Komsomolskaïa Pravda.
Les fonctionnaires de l’Agence kirghize de lutte contre la drogue ont refusé de commenter ces bruits. C’est le toxicologue Jenech Nourgaliev, principal combattant contre la drogue en Kirghizie [Kirghizstan], qui a apporté des éclaircissements.
Il a confirmé que des financements étaient effectivement venus des narcobarons d’Och. “On fait un petit trafic là bas. Il faut bien vivre. Certains vendent des pommes de terres, d’autres de l’opium. Il faut être objectif“. A ses dires, l’argent de la drogue a effectivement alimenté la révolution, 50 000 dollars environ. Mais dans le contexte Kirghize, cette somme suffit pour payer une manifestation de deux mille personnes pendant vingt-cinq jours. Si la narcomafia a payé la révolution, elle demandera la réciprocité.
Les nouveaux fonctionnaires seront achetés tout de suite, affirme Nourgaliev. Le trafic est contrôlé par des forces transnationales puissantes qui veillent sur ce marché pour éviter tout déficit et toute surproduction de stupéfiants.
“Ce n’est pas la Kirghizie indigente qui doit faire la guerre au trafic de drogue, mais les présidents russe et américain, Vladimir Poutine et George Bush. La Russie fait quelque chose tant bien que mal. En ce qui concerne l’Amérique, tout le monde sait comment elle combat la drogue : après la victoire de la démocratie en Afghanistan, ce pays a rentré une récolte record de pavot“, a déclaré l’expert.
(RIA Novosti, extrait de la revue de presse du 31 mars 2005)



