(La voix de la Russie, 28.09.2007) « La démocratie à la géorgienne » a raté l’examen
L’opposition géorgienne appelle le peuple à sortir dans les rues en exigeant la démission du président Saakachvili après l’arrestation de l’ex-ministre de la défense Irakli Okrouachvili.
L’ancien compagnon d’idée du président géorgien a été arrêté jeudi. Il a annoncé la veille la formation du mouvement d’opposition « Pour une Géorgie unie » et fait des révélations à l’égard du président Saakachvili. Okrouachvili a accusé, en particulier, le président de corruption et de tentative d’exterminer les entrepreneurs qui ne l’arrangeaient pas ainsi que de violation des droits de l’homme. Okrouachvili prétend, en outre, que les autorités ont élaboré le plan d’occupation de l’Ossétie du Sud, l’une des républiques autoproclamées. Qui plus est, l’ex-ministre n’a pas exclu sa participation aux présidentielles en automne de 2008.
Cela a suffi pour que l’ex-ministre soit arrêté en violation des lois. L’avocat a exigé en vain un mandat d’arrêt. Au micro l’avocat d’Okrouachvili Eka Besselia :
Je ne sais pas quelle accusation lui a été adressée. Je ne sais pas pourquoi il a été arrêté. Je ne sais pas la version officielle. Je ne peux rien faire. C’est la terreur politique. Je n’ai vu aucun document qui explique pourquoi il a été arrêté.
Le vice-procureur général Gvaramia a formulé plus tard les accusations concernant l’abus de pouvoir au poste de ministre, le blanchiment des bénéfices criminels et l’extorsion. On assiste, quant au fond, à une tentative de régler les comptes à un homme d’Etat ayant mis au jour les ressorts secrets de la cuisine politique géorgienne. Selon l’ex-ministre d’Etat géorgien pour le règlement des conflits Gueorgui Khaindrava, le président Saakachvili a confirmé par cette arrestation ce dont il a été accusé par Okrouachvili.
Le régime géorgien en vigueur a accédé au pouvoir à l’issue de la « révolution des roses ». Les Etats-Unis l’ont présentée à peu près comme le triomphe de la démocratie dans l’espace postsoviétique. Ceci étant, Washington ne dissimule pas qu’il dépense d’immenses moyens pour soutenir le régime de l’atlantiste Saakachvili. Une courte période a suffi pour se convaincre que la « révolution des roses » a débouché sur un régime autoritaire plutôt que sur la démocratie. Les récents événements le confirment.




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