(Pierre T. - La Dernière Heure, 06 nov 07) “Le CIAOSN est enfin obligé de reconnaître timidement qu’il n’y a jamais eu de liste de sectes publiée en Belgique et que ce serait d’ailleurs illégal. II admet que la Commission parlementaire de 1997 a eu simplement la mauvaise idée de publier, à la légère, une liste d’associations sur lesquelles de simples questions lui avaient été posées ! Ainsi, pendant dix ans, des associations se sont retrouvées clouées au pilori dans une chasse aux sorcières contraire aux droits les plus élémentaires. Certains politiciens plus chasseurs que d’autres, n’ont pas hésité à faire référence à cette prétendue liste pour étayer des accusations gratuites et péremptoires sur certaines associations.
Encore aujourd’hui, l’on retrouve un peu partout, et notamment sur Internet, cette liste livrée en pâture au public. Combien d’années faudra-t-il pour laver l’honneur de ces associations, est-ce seulement possible ? Porteront-elles plaintes ? Les politiciens responsables de ce scandale oseront-ils faire leur mea culpa public ? Et encore aura-t-il fallu que la Commission des droits de l’Homme de l’ONU relève l’illégalité de telles listes, en France et en Belgique, pour que ces abus soient, non pas reconnus publiquement, mais au moins étouffés.
Tout comportement sectaire peut évidemment être dénoncé, sur base de faits tombant sous le coup de lois existantes. Mais dénoncer les gens uniquement pour leurs idées est un délit, une atteinte à leurs droits fondamentaux. S’auto proclamer chasseur de sorcières et les désigner à la vindicte ou au lynchage populaire, est répréhensible à notre époque. Certains de nos parlementaires de 1997, et encore aujourd’hui, semblent l’avoir oublié. Le plus grave est que, pour contourner l’illégalité de cette liste noire, le PS, via M. A. Frédéric, cherche à créer un nouveau délit dans notre arsenal judiciaire, celui de déstabilisation mentale ! Décidément, les chasseurs de sorcières déposent rarement les armes!”




2 responses so far ↓
1 Valerian Forest // Jul 29, 2008 at 1:21
Le CIAOSN est une bête agonisante dont les jours sont comptés. Depuis plus de dix ans qu’il essaie d’imposer une image autoritaire en matière “sectaire”, il n’a réussit qu’a émettre des avis creux ou diffamants. Les gens ne sont plus dupes. Il suffit d’entendre quelques unes des déclarations faites par monsieur de Cordes (le président du CIAOSN) ou quelque autre membre du CIAOSN, pour se rendre compte que, entre des mots pesés et choisis avec grand soin, ce n’est pas à de l’érudition dont nous avons affaire, mais à toute autre chose: une étroitesse d’esprit pathétique et une intolérence maladive. Qu’est ce que l’intolérence? C’est de ne pas accepter qu’un autre puisse avoir une idée différente de la sienne. C’est exiger que l’autre ait de gré ou de force les même idées que soi-même. Et c’est exactement là tout le travail du CIAOSN: dénoncer tout groupe ou toute association dont les idées, les croyances ou les pratiques sont différents du “politiquement correct” dont le CIAOSN se croit le seul juge. Nous vivons au XXI siècle. Qui peut bien vouloir encore de ces résidus de l’Inquisition si ce n’est quelque esprit malade dont les avis n’ont aucune valeur constructive dans une démocratie?
2 Judy Bright // Aug 4, 2008 at 2:57
à propos de l’observatoire belge sur les sectes
Indépendamment du fait que la franc-maçonnerie soit une secte ou non, je pense qu’il faille surtout se méfier du Centre d’Information et d’Avis sur les Organisation Sectaires Nuisibles (C.I.A.O.S.N.) qui travaille sur des critères de “nuisance” très discutables.
Pour ne citer que quelques exemples, le 20 juin 2006, L’Etat belge et le C.I.A.O.S.N. ont été lourdement condamné pour manque d’objectivité et négation des droits de la défense, dans leur avis concernant le groupe Sahaja Yoga (paru dans la presse nationale comme De Morgen, De Standaard ou Le Soir ainsi que dans les journaux parlés de la VRT et autres). Ce jugement était en référé. En parallèle la procédure de fond qui était en cours a été rendu le 29 février 2008 par le Tribunal de Première Instance de Bruxelles (AR nr 2005/13740/A). Le Tribunal a à nouveau condamné le C.I.A.O.S.N.
Le 5 mai 2008, le journal flamand De Standaard avait déjà soulevé la question de l’utilité du C.I.A.O.S.N. Cet organisme financé par l’Etat à qui est conféré le pouvoir de donner des avis sur des goupes de citoyens qui s’organisent autour d’une philosophie, d’une religion ou d’une activité sociale similaire, est en soi une atteinte à la démocratie. Décisions “autoritaires”, pour ne pas dire arbitraires, qui amènent dangeureusement à faire le tri entre les “bons” et les “mauvais” sans procédure de justice. Comment pouvons nous nous fier à un organisme qui collecte des informations sur des groupes qu’une commission parlementaire a d’emblée classifié de “nuisibles”? Soit dit en passant, cette commission était loin d’être infaillible.
(En juin 2005, la Cour d’Appel de Bruxelles a statué contre l’Etat belge pour avoir “porté atteinte à l’image d’une organisation” dans une rapport sur les sectes élaboré par la commission parlementaire sur les sectes, publié en 1997. Ce texte sur l’Eglise Universelle du Royaume de Dieu, contenait des allégations vagues et insinueuses portant alors injustement atteinte à celle-ci.
En 2006, le jugement de la cour d’appel de Bruxelles, condamne la commission parlementaire parce que les antroposophes de la communauté française ont été injustement accusés par celle-ci de la mort d’une fillette. Ces fausses informations difamatoires données par la commission parlementaire ont été ensuites reprises par la communauté française dans sa campagne contre les sectes.)
Le C.I.A.O.S.N. est en quelque sorte l’héritier de cette commission et continue son oeuvre. Cette liste de 189 “sectes nuisibles” élaborée par la commission parlementaire, a été entre temps largement allongée atteignant maintenant les 800 noms!)
Le 6 juin dernier, le C.I.A.O.S.N. a tenu un colloque sur le Pentecôtisme au parlement fédéral, un sujet sur lequel le C.I.A.O.S.N. se ferait du soucis parce que, en un an, une dizaine de croyants auraient refuser de poursuivre leurs traitements médicaux dans un hôpital de Bruxelles. Pourtant, de l’avis même de médecins dudit hôpital, rien n’indiquait que ces patients ont arrêté leurs traitements pour raisons religieuses!
Pourtant, Eric Brasseur, le directeur du C.I.A.O.S.N., ne s’est pas privé d’en tirer une conclusion disant à qui veut l’entendre que « Lorsque des croyants, même pour des raisons religieuses, ne poursuivent pas leurs traitements, alors il se pose un problème de société important ».
C’est exactement le type de raisonnement qui est reproché au C.I.A.O.SN.: gonfler et déformer les données, et à partir de là en sortir des rapports alarmants sur des groupes ciblés, ou des avis autoritaires ou autres “analyses” négatives. On connaît malheureusement déjà l’absence de valeur scientifique d’un tel travail et il faut croire que seuls certains politiciens en sont encore dupes.
Pour en revenir à l’entreprise, le plus sûr et le plus simple c’est encore - et ça a toujours été - de juger un employé sur la qualité de son travail, et non pas sur sa philosophie ou ses croyances et encore moins sur des élugubrations autoritaires d’individus ayant d’autres intérêts à coeur que la prospérité de votre entreprise.
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