Non, ce n’était pas une métamorphose! Les récentes découvertes dans un appartement de Tel-Aviv de lettres écrites par le philosophe juif austro-hongrois, confirment ce que d’aucun affirment depuis des années: Kafka était un authentique sioniste, et le rêve de sa vie fut de réaliser son alyah. Le “New York Times” de cette semaine publie une lettre écrite en 1949 par Dora Dyament, dernière conquête du philosophe, à Max Brod, émigré en Israël, dans laquelle elle souligne que “Kafka parlait souvent de son voeu de partir s’installer en Israël”.
L’ancienne secrétaire de Max Brod, Esther Hoffie s’est éteinte l’an passé dans son petit appartement de Tel-Aviv. Comme Max Brod fut l’ami et l’exécuteur testamentaire de Kafka, des documents très précieux ont été retrouvés dans l’appartement de sa secrétaire. Pour le moment, ces documents sont en possession des deux filles d’Esther Hoffie, mais les Archives Littéraires Allemandes de la ville de Marbach, qui possèdent déjà une importante collection de manuscrits de Kafka, sont très intéressées à racheter ces pièces. Les Archives Nationales israéliennes s’opposent cependant à ce que “des documents de la plus haute importance pour l’histoire juive ne quittent le pays”. C’est aussi l’avis de Mark Gelber, ancien étudiant de Kafka et professeur à l’Université Ben Gourion: “Kafka était intimement lié à la tradition juive et au sionisme”, précise-t-il.
Atteint de tuberculose à la fin de sa vie, Franz Kafka avait demandé à Max Bord de brûler tous les manuscrits non encore édités, mais ce dernier n’avait pas respecté ces dernières volontés. Et lorsqu’il fuit le nazisme en émigrant vers la Palestine de l’époque, Brod emmena avec lui tous les manuscrits de Kafka.
Il ressort d’une étude minutieuse des écrits de Franz Kafka, qu’il traversa certes plusieurs périodes philosophiques dans sa vie, mais il adhéra très tôt au sionisme. Enfant de l’assimilation en vogue à cette époque, il fut toutefois impressionné par la renaissance du sentiment national juif. Dès 1917, après la Déclaration Balfour, il se mit à apprendre l’hébreu et confiait à sa soeur Valli son admiration pour les pionniers: “C’est déjà quelque chose d’énorme de prendre sa famille sur son dos, et de la transporter en Palestine. Que tant d’hommes le fassent ce n’est pas moins un miracle que celui de la mer rouge. La montée ” en Palestine devrait permettre au peuple juif de reconstruire son identité.”
Sa rencontre tardive avec Dora, issue d’une famille hébraïsante et hassidique polonaise le replongea dans le monde des textes traditionnels et il se mit même à étudier le Talmud à Berlin: “l’Ecole du judaïsme est pour moi un havre de paix dans ce Berlin féroce et dans les féroces contrées de ma vie intérieure.”
Ensemble avec Dora, ils prévoyaient de partir s’intaller en Erets Israël, mais la maladie incurable l’atteint, il mourut en 1924 et fut enterré au cimetière juif de Prague, sa ville natale.
Même s’il n’a pas réalisé son voeu de monter en Israël, Kafka peut reposer en paix: il y a souvent ici un relent d’univers kafkaïen…
Source : A7FR




0 responses so far ↓
There are no comments yet...Kick things off by filling out the form below.
Leave a Comment