Voici que ce que Pierre de Lauzun ose affirmer dans une interview à la FBF dont il est le président, faut-il le rappeler, à propos de l’intégration du Marché unique de la banque de détail :
Dans le domaine de l’intégration du marché de la banque de détail, notre analyse est constante : il faut une harmonisation ciblée sur les éléments permettant de comparer les offres. C’est une condition essentielle de la confiance des consommateurs et du respect de la concurrence. Ainsi, l’harmonisation du TEG, de l’information précontractuelle, des délais de réflexion, et celle des règles du remboursement anticipé pourraient être une première étape. En revanche, la FBF reste réservée quant à la création de l’euromortgage, sorte de garantie paneuropéenne, et quant aux fichiers positifs, inutiles et coûteux.
En tant qu’ex-expert auprès des Communautés européennes (Eurostat, Commission), je peux affirmer que la finalité de l’Europe n’est pas d’instituer un marché libre fondé sur la libre concurrence des acteurs financiers par delà les frontières des Etats membres, mais bel et bien d’instaurer un contrôle tatillon et omniprésent des services financiers par les Etats membres de l’UE. Essayez donc d’ouvrir un compte dans une banque étrangère et vous constaterez de vous-même à quel point la Commission européenne a pu compliquer les choses. Idem pour les services d’assurance et en particulier dans l’assurance santé perçue comme une concurrence insupportable par les système de prévoyance publique. Sans même parler des fonds de pension européens réduits à l’état de fantômes errant à travers les méandres des couloirs feutrés des administrations nationales et supranationales.
On assiste ben et bien à une main mise de l’Etat sur tous les domaines de la vie économique, par l’entremise d’organismes non élus et donc non responsables devant quelque autorité que ce soit, si ce n’est eux-mêmes, le tout sous couvert d’instauration d’un système d’économie libérale intégré à l’échelle de la planète.
Ce sont les mêmes qui ont créé ce que l’on appelle pudiquement la globalisation, qui n’est ni plus ni moins que l’instauration d’un libre échange réservé aux principaux acteurs économiques et financiers (multinationales, banques d’investissement, hedge funds), qui réclament aujourd’hui la création d’un système socialiste planétaire. La première étape a été de concentrer la richesse productive entre les mains d’entreprises dotées de moyens d’investissement hors de la portée des sociétés de taille nationale, puis de renforcer la réglementation sous couvert de protection du consommateur (on a vu le résultat) et enfin de permettre à l’Etat de prendre le contrôle de ces géants transnationaux par l’entremise d’organismes dits de sauvetage dont on constate l’apparition ces jours-ci. Ce scénario avait été prévu par les leaders communistes des années 30 qui s’attendaient à la prise de contrôle inéluctable de l’économie privée (on se demande vraiment ce qu’une SA comme Lehman ou Bear Stearns peut encore avoir de privé) par l’Etat sous l’effet de crises successives conduisant à la destruction de l’économie fondée sur le libre échange (cf. http://www.newswithviews.com/Kincaid/cliff255.htm). Or qui a détruit l’économie libérale sinon ceux-là mêmes qui ont eu recours massivement à l’endettement et à la manipulation des taux d’intérêt comme outils de croissance économique détruisant le capital privé par l’inflation fruit de la création exagérée de crédit et la pression fiscale réclamée par les banques comme gage de leur remboursement par l’Etat ?
Source : libertepolitique.com




1 response so far ↓
1 @-ttentif // Oct 13, 2008 at 8:04
Voici un lien qui explique (en partie) la doctrine du choc.
http://www.dailymotion.com/relevance/search/planet%2Bchoc/video/x5kffc_naomi-klein-la-strategie-du-choc_news
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