mais nouvelle progression du non
Jacques Chirac a appelé solennellement jeudi les Français à adopter la constitution, et a promis de prendre en compte leurs “inquiétudes et attentes” en donnant “une nouvelle impulsion” à son action, sans toutefois évoquer directement un changement de gouvernement après le du 29 mai.
Un douzième sondage consécutif donnant le non gagnant à 55% des voix, en hausse de deux points, a été rendu public jeudi par Ipsos/Le Figaro/Europe 1. Un autre sondage, réalisé pour TNS Sofres/Unilog pour Le Monde, RTL et LCI, avait lui aussi donné le non gagnant à 54% quelques heures plus tôt.
L’intervention télévisée du chef de l’Etat a été saluée sur le plateau de France 2 par les partisans du oui au référendum de dimanche, les détracteurs de la constitution européenne accusant le chef de l’Etat de jouer sur la peur.
“Cette fois le président de la République disait fortement des choses justes“, a jugé le président de l’UDF François Bayrou pour qui Jacques Chirac a “bien montré l’enjeu”.
A l’opposé, Olivier Besancenot, pour la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), a accusé Jacques Chirac d’avoir “cherché à faire peur aux gens“, Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France (MPF) dénonçant pour sa part “du chantage d’Etat“.
Marine Le Pen (Front national) a résumé le discours présidentiel à un “best of de tous les grands mensonges qui ont été assénés pendant cette campagne“.
Dominique Strauss Kahn (PS) a crédité M. Chirac d’avoir “reconnu que les Français sont tentés de sanctionner le pouvoir“.
Tout en reconnaissant que “tout ce qu’il a dit était vrai”, Daniel Cohn-Bendit (Verts) a regretté que le président de la République n’ait pas mis son mandat en jeu.
Marie-George Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste français, a estimé que le discours présidentiel revenait à dire: “si vous votez oui, nous allons continuer“.
Peu avant que M. Chirac s’exprime, Laurent Fabius, partisan du non, avait critiqué cette intervention: “Qu’il intervienne trois fois de suite, sans contradicteur, et une fois supplémentaire vis-à-vis de nos compatriotes d’outremer, cela fait vraiment de l’overdose“.
Les camps du oui et du non ont lancé des appels à la mobilisation. M. Bayrou a appelé les partisans du oui à “se battre clairement et jusqu’au bout avec l’esprit de victoire”.
Pour le premier secrétaire du PS François Hollande, “ce n’est pas le PS qui risque de perdre le 29 mai, c’est l’Europe” car “là est le seul enjeu” du référendum.
Enfin, le président de l’UMP Nicolas Sarkozy, qui s’est exprimé sur France 3 une demi-heure avant Jacques Chirac, a affirmé qu’après le référendum, “il faudra tirer les conséquences” du scrutin et “changer notre manière de faire de la politique“.
(AFP, 26/05/2005 23:32)